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Valorisation des fonds de commerce d’audioprothèse en France : critères et méthodes

Pour évaluer au plus juste, et apprécier la valeur d’un fonds de commerce dont l’activité principale est l’audioprothésiste, il est impératif de connaître les principaux éléments sectoriels.

Le secteur de l’audioprothésiste

Selon l’Insee, le secteur de l’audioprothèse dépend du code APE 47.74Z, ce qui correspond au commerce de détail de produits médicaux et orthopédiques en magasin spécialisé.

L’audioprothésiste est un professionnel de santé qui procède à l’appareillage des déficients de l’ouïe : il en assure le choix, l’adaptation, la délivrance, le contrôle d’efficacité immédiate et permanente, ainsi que l’éducation prothétique du patient, sur prescription médicale préalable et obligatoire. Il vend également des fournitures, telles que piles, batteries, chargeurs et produits d’entretien.

Analyse économique

La consommation des ménages

Le secteur des audioprothèses en France a connu des évolutions significatives ces dernières années, influencées par des politiques de santé publique et des changements démographiques. La consommation des ménages dans ce domaine reflète ces transformations.

Réduction du reste à charge

L’introduction du dispositif 100 % Santé a joué un rôle déterminant dans la réduction du reste à charge des ménages. Ce dernier a été divisé par plus de deux depuis la réforme : il est passé de 40,7 % en 2021 à 25 % en 2024, sous l’effet de la généralisation des aides auditives de classe 1, intégralement remboursées et dont le tarif est plafonné à 950 €. En 2024, le financement des dépenses d’audiologie se répartissait ainsi entre les organismes complémentaires (50,6 %), l’Assurance maladie obligatoire (24,4 %) et les ménages (25 %).

Taux d’équipement

Le taux d’équipement en audioprothèses a nettement progressé au cours des dernières années : il est passé de 30,4 % de la population malentendante en 2012 à 55 % en 2025, soit une hausse de 24,6 points. Cette progression a concerné toutes les tranches d’âge, avec une avancée particulièrement marquée chez les 45-64 ans (46,8 % en 2025, contre 21,2 % en 2012). Entre 1,5 et 2 millions de personnes malentendantes restent néanmoins à appareiller.

Freins à l’achat

Le coût reste l’un des freins à l’équipement, mais son poids relatif a nettement diminué depuis la mise en place d’offres sans reste à charge : les raisons financières n’étaient plus citées que par 41 % des personnes non équipées en 2025, contre 56 % en 2018 (-15 points). L’avis de l’ORL ou de l’audioprothésiste, les réticences liées au confort et à l’efficacité perçue des appareils, ainsi que l’image associée au handicap ou au vieillissement, comptent aujourd’hui parmi les freins les plus souvent évoqués.

Impact du 100 % santé

Pleinement entrée en vigueur au 1er janvier 2021, la réforme du 100 % Santé continue de structurer le marché. En 2024, les aides auditives de classe 1 représentaient 19,7 % des ventes en volume, un niveau proche de l’objectif initial de 20 % fixé en 2018, mais encore éloigné de l’objectif révisé à 40 % en 2022. Après plusieurs années de repli, le chiffre d’affaires des audioprothésistes a renoué avec la croissance en 2024 (+0,5 % en valeur), un redémarrage qui devrait s’accélérer en 2025-2026 avec l’entrée dans la phase de renouvellement des équipements acquis dès 2021.

Les acteurs du secteur de l’audioprothèse

Le secteur de l’audioprothèse en France est composé de divers acteurs qui jouent des rôles essentiels dans la fourniture de soins auditifs. Ces acteurs incluent les audioprothésistes, les fabricants d’aides auditives, les réseaux de distribution, ainsi que les institutions réglementaires et professionnelles.

Audioprothésistes

Les audioprothésistes sont des professionnels de santé spécialisés dans l’appareillage des déficients auditifs. Pour exercer, ils doivent être qualifiés et enregistrés auprès de l’Agence régionale de santé (ARS). En 2024, la France comptait 4 952 audioprothésistes actifs (+10,6 % sur un an), une population qui a doublé en dix ans grâce à l’assouplissement du numerus clausus et à l’ouverture de nouvelles écoles. La profession, plutôt jeune (37,5 ans en moyenne), se féminise (53,3 % de femmes). Le parc de centres d’audioprothèses a lui aussi fortement progressé : il atteignait 7 977 centres début 2025, soit trois fois plus qu’en 2005. En février 2025, un projet de création d’un ordre national des audioprothésistes a par ailleurs été déposé à l’Assemblée nationale.

Fabricants d’Aides Auditives

Les fabricants d’aides auditives développent et produisent les appareils distribués par les audioprothésistes. Parmi les principaux acteurs présents en France figurent GN Hearing, Hansaton, Sivantos, Sonova, Starkey et Widex. Ces entreprises investissent constamment en recherche et développement, notamment sur la miniaturisation des appareils et l’amélioration de la qualité sonore.

Réseaux de Distribution

Plus des trois quarts des points de vente audio opèrent aujourd’hui sous enseigne. Les principaux réseaux, par nombre de centres et corners en France à fin 2024, sont Amplifon (775), Optical Center (638), Audika/Demant (620), Ecouter Voir (450), Alain Afflelou Acousticien (415), Krys Audition (345), Audition Santé/Sonova (320), Entendre (315), Audition Conseil (310), Audilab/Demant (286), Audio 2000 (255), Sonance Audition (216), Acuitis (123), GrandAudition (103) et Vivason (100). Atol Audition, plus récent, vise pour sa part 200 centres fin 2025. Ces réseaux se développent selon des modalités variées (succursales, franchise, coopérative, corners en magasins d’optique) et ont développé des stratégies de maillage territorial et de synergies avec les enseignes d’optique pour toucher une clientèle plus large.

Institutions réglementaires et professionnelles

Le secteur est encadré par des institutions réglementaires et professionnelles qui définissent les normes et les pratiques de la profession. Le ministère chargé de la Santé joue un rôle clé dans la mise en place des réformes, comme le dispositif 100 % Santé, qui a eu un impact majeur sur le marché.

 

Structure financière

Afin d’apprécier un fonds d’audioprothèse il est indispensable de pouvoir connaître et d’analyser les bilans et comptes de résultat, des trois dernières années.

Les chiffres clés

Sur un panel de 246 comptes de sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés analysées en France (source Atometrics), le chiffre d’affaires HT médian s’établit à 533 500 € (de 188 498 € en fourchette basse à 1 240 926 € en fourchette haute).

La marge brute médiane atteint 72 % du CA HT (65 % à 79 %). Le poids des charges de personnel représente 25 % du CA HT en médiane (6 % à 39 %), pour un effectif moyen de 1,75 salarié et un salaire mensuel chargé moyen de 4 770 € par salarié, soit un CA HT par effectif de 224 837 €. Les charges externes pèsent 24 % du CA HT en médiane (13 % à 39 %).

L’excédent brut d’exploitation (EBE) médian ressort à 20,3 % du CA HT (8,7 % à 35,0 %), pour une capacité d’autofinancement médiane de 14,1 % du CA HT (5,3 % à 25,9 %).

Côté structure bilancielle, l’endettement à moyen terme représente 25,3 % des fonds propres en médiane (de 0 % à 174,7 %), les fonds propres constituant 48,5 % du total du bilan (16,5 % à 76,1 %). La trésorerie s’établit à 25,9 % du CA HT (5,9 % à 59,4 %).

Le besoin en fonds de roulement (BFR) est de 2 jours de CA HT en médiane (de -50 à 34 jours), avec des crédits clients de 20 jours (4 à 48) et des crédits fournisseurs de 38,5 jours (17 à 84).

 

Les critères impactant la valorisation du fonds de commerce

Dans le secteur de l’audioprothèse, les principaux critères impactant la valorisation sont :

  • La clientèle
  • La situation géographique
  • Les parkings
  • La concurrence
  • La présence de prescripteur de santé
  • les locaux aux normes pour l’activité.
  • Matériel récent.
  • L’équipe, qualification et turn-over
  • Amplitude d’ouverture

 

Méthode de valorisation

La valorisation des commerces de détail d’articles médicaux, y compris les audioprothésistes, est principalement basée sur le chiffre d’affaires et la rentabilité. Cette méthode est largement utilisée dans le secteur, offrant une référence simple et directe pour évaluer la valeur des fonds de commerce.

Sur la base des cessions enregistrées en France entre 2014 et 2026 (43 cessions analysées pour le multiple de CA HT, 19 pour le multiple d’EBE et 166 pour le multiple d’effectif), le ratio médian de valorisation s’établit à 31,64 % du chiffre d’affaires HT (de 21,81 % en fourchette basse à 66,96 % en fourchette haute) et à 2,02 fois l’EBE (de 1,43 à 4,16). Le prix médian par salarié s’élève, quant à lui, à 73 125 € (de 30 306 € à 147 500 €).

Les stocks n’entrent pas dans la valorisation du fonds.

Bien entendu, il convient de corriger le résultat obtenu en fonction des forces et faiblesses du fonds de commerce valorisé.

 

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