Pour évaluer au plus juste, et apprécier la valeur d’un fonds de commerce dont l’activité principale est la vente de prêt-à-porter, il est impératif de connaître les principaux éléments sectoriels, les principaux ratios financiers et les critères impactant l’évaluation du fonds.
Le secteur du commerce de prêt-à-porter
Selon l’INSEE, le secteur du commerce de détail d’habillement en magasin spécialisé dépend de la sous-classe 47.71 Z, ce qui correspond au commerce de détail d’articles d’habillement, d’articles en fourrure, et d’accessoires du vêtement tels que gants, cravates, bretelles, etc. Il ne comprend pas le commerce de détail de textiles et de fripes.
Dans les faits, cela regroupe l’ensemble des magasins proposant à la vente des vêtements de dessus (manteaux, vestes, chemises, robes, jupes, pantalons, etc.) et des articles de maille (lingerie, chemiserie, …), ainsi que les divers accessoires de mode (gants, cravates, bretelles, ceintures, sacs, bijouterie fantaisie, etc.).
Analyse économique
La consommation des ménages
Analyse des Tendances de Consommation des Ménages en Prêt-à-Porter
La consommation des ménages en articles d’habillement a subi des transformations significatives au cours des dernières années. Ces évolutions sont principalement dues à des facteurs économiques et sociaux, qui ont façonné les habitudes d’achat des consommateurs.
Évolution de la Consommation en Valeur
D’après les données fournies, la consommation des ménages en articles d’habillement est passée de 35 016 millions d’euros en 2017 à une estimation de 33 745 millions d’euros en 2023. Cette période a été marquée par des fluctuations notables :
- En 2018, une baisse de 2,8 % a été observée, suivie d’une légère diminution de 0,2 % en 2019.
- L’année 2020 a connu une chute drastique de 16,8 %, conséquence directe de la pandémie de COVID-19 qui a considérablement réduit les achats d’habillement en raison des restrictions sanitaires et de l’incertitude économique.
- En 2021, une reprise significative a été enregistrée avec une hausse de 11,2 %, reflétant une amélioration des conditions économiques et une augmentation des dépenses des ménages après la levée des restrictions.
- La tendance positive s’est poursuivie en 2022 avec une croissance de 8,5 %. Cependant, cette croissance masque un phénomène de déconsommation, car l’essentiel de l’augmentation des chiffres d’affaires provient des revalorisations tarifaires plutôt que d’une réelle augmentation des volumes achetés.
- Pour 2023, les estimations indiquent une légère baisse de 1 %, illustrant un fléchissement de la demande sous les pressions inflationnistes et les changements de comportement des consommateurs.
Budget Annuel Moyen des Ménages pour le Prêt-à-Porter
Le budget annuel moyen consacré au prêt-à-porter par ménage a également suivi une tendance fluctuante :
- En 2017, les ménages dépensaient en moyenne 712,9 euros pour l’achat de vêtements.
- Ce budget a diminué à 684,4 euros en 2018 et à 686,1 euros en 2019.
- En 2020, une baisse marquée de 19,9 % a ramené le budget moyen à 548,5 euros, en raison de la pandémie qui a réduit les occasions d’achat et les besoins en nouveaux vêtements.
- L’année 2021 a vu une reprise avec une hausse de 10 %, portant le budget à 603,4 euros, suivie par une augmentation de 7,5 % en 2022, atteignant 648,7 euros.
- En 2023, le budget annuel moyen est estimé à 635,7 euros, marquant une légère baisse de 2 %, alors que les ménages continuent d’adopter des stratégies de consommation plus économiques en réponse aux pressions inflationnistes.
Facteurs Influents et Comportements de Consommation
Les fluctuations observées dans la consommation et le budget alloué au prêt-à-porter sont attribuables à plusieurs facteurs :
Pressions Inflationnistes : L’augmentation des prix des vêtements, notamment en 2022, a été une réponse directe aux pressions inflationnistes, entraînant une hausse des dépenses en valeur mais pas nécessairement en volume.
Pandémie de COVID-19 : La pandémie a provoqué une réduction drastique des achats d’habillement en 2020, suivie d’une reprise partielle en 2021 et 2022 à mesure que les restrictions étaient levées.
Évolution des Comportements de Consommation : Les consommateurs se tournent de plus en plus vers des options économiques, telles que les circuits de distribution à bas coûts et le marché de l’occasion, accentuant ainsi le phénomène de déconsommation.
Changements dans les Priorités de Dépenses : En période d’incertitude économique, les ménages ont tendance à réduire leurs dépenses en articles non essentiels, dont les vêtements font partie.
Les acteurs du secteur du commerce de prêt-à-porter
Le secteur du commerce de prêt-à-porter est dynamique et diversifié, englobant divers types d’acteurs qui contribuent à sa vitalité. Ces acteurs se répartissent en plusieurs catégories, chacune ayant ses propres caractéristiques, forces et faiblesses.
Principales Catégories d’Acteurs
Les Chaînes Spécialisées
Forces: Ces chaînes bénéficient d’un maillage territorial fin, d’une forte notoriété, de programmes de fidélité développés, et de la capacité à renouveler fréquemment leurs collections. Elles proposent souvent une offre élargie incluant des accessoires, des articles de maroquinerie et des cosmétiques, et adoptent des stratégies cross-canal (présence en ligne et en magasin).
Faiblesses: Certaines enseignes, notamment celles d’entrée de gamme, peuvent souffrir d’un déficit d’image.
Les Chaînes de Grande Diffusion
Forces: Offrant une large gamme de produits à des prix attractifs, ces chaînes sont présentes en périphérie des villes et disposent de programmes de fidélité robustes. Elles ont de solides moyens de communication et un fort pouvoir de négociation avec leurs fournisseurs.
Faiblesses: Implantées en périphérie, elles peuvent être perçues comme moins accessibles par les consommateurs recherchant la proximité. Elles souffrent également d’une mauvaise image auprès des amatrices de mode et offrent peu de conseils.
Les Boutiques Indépendantes Multi-Marques
Forces: Elles se distinguent par leur proximité avec les clients, une dimension conseil importante, et une offre originale et variée.
Faiblesses: Leurs prix sont souvent élevés, leurs moyens de communication sont limités, et elles investissent peu dans l’agencement et la théâtralisation de l’offre. De plus, elles sont souvent absentes de la vente en ligne.
Les Pure Players (Vente en Ligne)
Forces: Ces acteurs proposent une offre très large via les marketplaces, des prix attractifs, un renouvellement rapide de l’offre et de fortes campagnes digitales.
Faiblesses: L’absence d’essayage possible et de conseil, ainsi que la méfiance des internautes envers les sites à faible notoriété, constituent des inconvénients majeurs.
Les Grands Magasins
Forces: Situés en centre-ville, ils attirent une clientèle à fort pouvoir d’achat avec une offre de marques renommées et des opérations événementielles. Ils disposent de budgets de communication importants et offrent des services cross-canal.
Faiblesses: Leur parc de magasins est limité, leurs prix sont élevés, et leur concept peut varier d’une ville à l’autre.
Les Grandes Surfaces Alimentaires
Forces: Ces magasins bénéficient d’un maillage territorial dense, d’un trafic important en magasin et proposent des offres promotionnelles régulières. Leurs prix attractifs s’adressent à un large public.
Faiblesses: Ces lieux sont peu propices à l’achat « plaisir », n’offrent pas de conseil et ont une offre limitée et peu mise en scène. Ils souffrent également d’une mauvaise image et d’une désaffection de la clientèle jeune.
Les Vépécistes Traditionnels (Vente par Correspondance)
Forces: Offrant une large gamme de produits à des prix attractifs, ces acteurs ont une expertise en gestion de la relation client et logistique, et accèdent aux segments de niche et aux clients les plus isolés.
Faiblesses: L’absence d’essayage et une faible dimension « mode » de leurs collections, ainsi que le vieillissement de leur clientèle, sont des défis importants.
Les perspectives d’avenir du secteur du commerce de détail de prêt-à-porter.
Une réorganisation nécessaire et inévitable
Le secteur du prêt-à-porter traverse une période de transformation profonde. Après des années de développement rapide, les enseignes se trouvent désormais dans l’obligation de restructurer leurs réseaux de magasins face à des défis économiques et à l’évolution des comportements de consommation. Les procédures collectives se multiplient, notamment pour les chaînes de milieu de gamme particulièrement exposées à la concurrence de l’ultra fast-fashion. En 2023, plus de 800 entreprises du secteur ont fait l’objet de procédures collectives, incluant des marques reconnues telles que Cotélac, Kookaï, GAP France, et DCM Jennyfer. Certaines enseignes historiques, comme Camaïeu et Cop.Copine, ont même cessé leurs activités définitivement.
L’expansion des circuits à bas coûts
Face aux pressions inflationnistes, les circuits low cost et ultra low cost continuent de prospérer malgré une consommation en berne. Des géants comme Shein, qui a vu son chiffre d’affaires passer de 8,8 milliards d’euros en 2020 à 30 milliards d’euros en 2022, illustrent cette tendance. Malgré les controverses, Shein et d’autres acteurs de l’ultra fast-fashion comme Primark (avec 22 magasins en France) continuent de croître et d’attirer un large public, y compris à travers des initiatives comme les boutiques temporaires. Les enseignes de bazar et de déstockage, telles qu’Action, renforcent également leur position avec des ouvertures massives de magasins et des chiffres d’affaires en forte hausse.
L’investissement dans la seconde main
La seconde main gagne du terrain sous l’effet des pressions économiques et des nouvelles exigences des consommateurs pour des produits plus durables et moins polluants. En 2022, le budget des Français alloué aux articles de mode de seconde main a augmenté de 15 %, un rythme supérieur à celui du marché du neuf. Les distributeurs de prêt-à-porter multiplient les initiatives pour capter cette demande croissante, d’autant plus qu’ils doivent se conformer à des régulations renforcées sur la gestion des invendus. De grands noms comme Shein, Zara, et H&M investissent dans ce segment, lançant des plateformes dédiées à la revente de produits d’occasion et des magasins consacrés entièrement à la seconde main.
La diversification de l’offre
Pour rester compétitives, les enseignes spécialisées dans la mode enfantine et d’autres segments du prêt-à-porter cherchent à élargir leur offre. Certaines, comme Bonton et Petit Bateau, se diversifient vers des produits pour toute la famille ou se lancent dans des segments complémentaires comme la cosmétique. Le lancement de marketplaces par des enseignes telles que le groupe ïdKids et Vertbaudet montre une volonté d’élargir leur gamme de produits et d’améliorer leur présence digitale.
Prévisions pour 2024
Le marché français de l’habillement devrait continuer à décliner en 2024 en raison de la persistance de l’inflation et des arbitrages de consommation défavorables à l’habillement. Les ménages, cherchant à réduire leurs dépenses, pourraient diminuer la fréquence de leurs achats de vêtements, se tourner davantage vers la seconde main et privilégier les circuits les plus attractifs en termes de prix. Les hausses de prix prévues pour compenser les coûts d’importation plus élevés risquent de ne pas suffire à compenser la baisse des volumes vendus. Les distributeurs pourraient être contraints d’attirer les consommateurs avec des offres promotionnelles, aggravant ainsi la pression sur les marges.
Structure financière
Afin d’apprécier le fonds d’une boutique de prêt-à-porter il est indispensable de pouvoir et d’avoir analysé les bilans et comptes de résultat des trois dernières années.
Les chiffres clés
Une analyse détaillée des chiffres clés tirés de 1 824 comptes entre 2022 et 2024 dans le panel analysé révèle des insights précieux sur les performances financières et opérationnelles des entreprises dans ce secteur.
Le chiffre d’affaires HT des entreprises du secteur se situe entre 90 651 € pour la fourchette basse et 1 072 505 € pour la fourchette haute, avec une médiane nationale de 322 993 €. La marge brute en pourcentage du chiffre d’affaires HT varie de 38 % à 68 %, avec une médiane de 49 %.
Les charges de personnel représentent entre 8 % et 30 % du chiffre d’affaires HT, avec une médiane de 18 %. Le nombre de salariés moyen dans ces entreprises varie de 0,10 à 7, la médiane étant de 2. Le salaire mensuel chargé moyen par salarié va de 1 391 € à 4 089 €, avec une médiane de 2 270 €.
Le chiffre d’affaires HT par effectif se situe entre 69 479 € et 261 111 €, avec une médiane de 138 167 €. Les charges externes représentent entre 13 % et 34 % du chiffre d’affaires HT, la médiane étant de 20 %. L’excédent brut d’exploitation (EBE) en pourcentage du chiffre d’affaires HT varie de 2,9 % à 17,6 %, avec une médiane de 8,1 %.
La capacité d’autofinancement se situe entre 1,6 % et 15,4 % du chiffre d’affaires HT, avec une médiane de 6,6 %. Le ratio des dettes moyen terme aux fonds propres varie de 0 % à 194,8 %, avec une médiane de 18,1 %. Les fonds propres représentent entre 11,8 % et 76,1 % du total bilan, avec une médiane de 45,7 %.
La trésorerie en pourcentage du chiffre d’affaires HT varie de 4,3 % à 48,1 %, la médiane étant de 17,8 %. Le besoin en fonds de roulement (BFR) en jours du chiffre d’affaires HT va de -19 à 117 jours, avec une médiane de 30 jours. Les crédits clients varient de 0 à 19 jours de chiffre d’affaires HT, avec une médiane de 2 jours. Les crédits fournisseurs vont de 6 à 75 jours de chiffre d’affaires HT, avec une médiane de 26 jours. La rotation des stocks en jours du chiffre d’affaires HT se situe entre 0 et 142,6 jours, avec une médiane de 41,1 jours.
Sources:
- Données InfoGreffe non confidentialisées retraitées par atometrics, à partir de 2015
- Données atometrics
Les critères impactant la valorisation du fonds de commerce
Dans le secteur du commerce de détail de prêt-à-porter les principaux critères impactant la valorisation sont :
-
- L’emplacement ou zone de chalandise
- La concurrence
- Le parking
- L’accueil, le service et la qualité commerciale
- L’état de la boutique
- Le type de produits proposés et leur adéquation avec la clientèle
- La politique tarifaire
- La fidélisation de la clientèle.
Méthode de valorisation
Dans le secteur du prêt-à-porter, la méthode de valorisation la plus couramment utilisée repose sur le chiffre d’affaires et la rentabilité.
Selon le barème professionnel proposé par les éditions Francis Lefebvre dans leur guide de l’évaluation pour le prêt-à-porter, la valorisation est estimée entre 20 % et 60 % du chiffre d’affaires annuel HT.
Selon les données du site evaluation-fonds-de-commerce.fr, pour les activités de prêt-à-porter (code NAF 4771Z), le ratio moyen est de 42,99 % du chiffre d’affaires HT. La moitié des mutations observées se situe entre 14,32 % et 52,7 % du chiffre d’affaires HT.
En pratique, le chiffre d’affaires HT retenu pour cette valorisation est souvent la moyenne, pondérée ou non, des chiffres d’affaires des trois dernières années.
En complément de la méthode basée sur le chiffre d’affaires, la valorisation fondée sur l’EBE retraité est également cruciale pour prendre en compte la rentabilité de l’entreprise.
Pour les activités de prêt-à-porter en France, les multiples de l’EBE observés au cours des deux dernières années varient entre 3 et 19, avec une médiane à 5,4.
Bien entendu il convient de corriger le résultat obtenu ou d’ajuster le coefficient en fonction des forces et faiblesses du fonds de commerce valorisé.
Contactez-nous
- 9:00 AM à 18:00 pm DU LUNDI AU VENDREDI
Besoin de valoriser votre fonds de commerce ?
N’hésitez pas à prendre contact pour échanger soit directement par téléphone soit via le formulaire.
- Ile-de-France, Hauts-de-France, Vendée, Charente, PACA, Corse
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- Le type de produits proposés et leur adéquation avec la clientèle
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- La fidélisation de la clientèle.
Méthode de valorisation
Dans le secteur du prêt-à-porter, la méthode de valorisation la plus couramment utilisée repose sur le chiffre d’affaires et la rentabilité.
Selon le barème professionnel proposé par les éditions Francis Lefebvre dans leur guide de l’évaluation pour le prêt-à-porter, la valorisation est estimée entre 20 % et 60 % du chiffre d’affaires annuel HT.
Selon les données du site evaluation-fonds-de-commerce.fr, pour les activités de prêt-à-porter (code NAF 4771Z), le ratio moyen est de 42,99 % du chiffre d’affaires HT. La moitié des mutations observées se situe entre 14,32 % et 52,7 % du chiffre d’affaires HT.
En pratique, le chiffre d’affaires HT retenu pour cette valorisation est souvent la moyenne, pondérée ou non, des chiffres d’affaires des trois dernières années.
En complément de la méthode basée sur le chiffre d’affaires, la valorisation fondée sur l’EBE retraité est également cruciale pour prendre en compte la rentabilité de l’entreprise.
Pour les activités de prêt-à-porter en France, les multiples de l’EBE observés au cours des deux dernières années varient entre 3 et 19, avec une médiane à 5,4.
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